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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 06:00

A la découverte du torrent de Saint-Ruph

Jeudi dernier, les visiteurs ont plongé dans l'histoire lointaine de la déglaciation d'il y a 14 000 ans, à l'origine de la création du lac d'Annecy.

Au bord du torrent qui change son nom en celui d'Eau morte, en raison de sa pente peu prononcée lui permettant de déposer sa glière faite de graviers, galets, cailloux et sable tout au long de son cours, jusqu'à une largeur d'une centaine de mètres, le président d'Histoire et Patrimoine des Sources du lac d'Annecy a surpris son auditoire, tant par ses connaissances sur l'histoire locale que par les renseignements jamais divulgués jusqu'à ce jour.

Plonger dans cette histoire lointaine, c'est imaginer que 1300 mètres de glace pèsent sur nos têtes et près de 120 mètres de cailloux et limon se sont amoncelés sous nos pieds.

L'érosion intense des montagnes, contemporaine de la déglaciation, et la pluviométrie importante des temps très anciens ont entraîné le comblement de la vallée sur près d'une centaine de mètres, laissant sur ses bords des moraines latérales. De nombreux villages se sont installés (alternativement de droite à gauche sur chacune de ses rives) sur ces amas de roches, Marlens et Ombre, Saint-Ferréol et Cons-Sainte-Colombe, Vesonne et Giez, Verthier et Doussard, Talloires et Duingt, Menthon et Saint-Jorioz, Annecy-le-Vieux et Sevrier jusqu'à Annecy, seul vicus gallo-romain de toute la Haute-Savoie antique, installé sur la moraine frontale heurtant la moraine latérale du glacier du Fier.

 

Le Saint-Ruph a trois noms

Descendant du sommet de l'Arcalod pour atteindre le col d'Orgeval, le torrent de Saint-Ruph parcourt la plaine de Faverges jusqu'au hameau de Glière de Doussard en entrant dans le lac d'Annecy qu'il traverse de part en part en prenant le nom du Thiou pour se déverser dans le Fier. C'est ainsi qu'en alimentant le lac à près de 65 %, il porte trois noms différents,

Saint-Ruph, Eau morte et Thiou.

 

Centre religieux et centre administratif

Au détour du rocher descendant de l'Arclosan, un centre religieux s'est installé sur le monticule de Viuz pour permettre aux pèlerins allant de Genève à Rome de vénérer le haut sommet du mont Blanc qui s'élançait dans les cieux bleu azur par jour de beau temps. Cette petite bourgade d'une cinquantaine de personnes guidés par quatre moines depuis le 10-12e siècle, révèle depuis toujours un habitat très clairsemé sur une douzaine d'hectares. Elle n'a pu se développer en raison des nombreuses inondations du torrent qui venait jusqu'à ses pieds déverser ses alluvions, à tel point que les paysans peinaient à cultiver la plaine. C'était avant tout un lieu de passage avec une mansio, et de dévotion avec un sanctuaire puis une église, le Vieux-Faverges est ainsi devenu Viuz-Faverges.

Certains y voient le Casuaria de l'itinéraire d'Antonin et de la Table de Peutinger, qui se situerait plutôt plus près du Faverges actuel voire sous la ville elle-même, en face, sur l'autre rive constituée de la moraine latérale gauche..

Un bourg protégé des inondations par une enceinte de murs et maisons sous le rocher de la Curiale s'y développait pour atteindre une importante population de près de 2000 personnes qui eurent à lutter contre le torrent au point de devoir construire un grand mur en 1785 pour continuer à cultiver leurs parcelles de terre. C'est le Faverges actuel sous lequel les archéologues tardent à découvrir le Casuaria gallo-romain.

Au Festival des cabanes

Lors du Festival des Cabanes, des concerts, lectures, découvertes du patrimoine local ont permis aux autochtones et à la population estivante de partir à la découverte du Pays des Sources du lac d'Annecy. Ils ont encore de nos jours à lutter contre les nombreux cailloux et galets qui envahissent leurs jardins et pelouses.

Crédit photo : Marité Martinet

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 10:00

Le Hameau du Villard

Ce hameau s'appelait également le Villard de Vesonne, selon les textes anciens, et même relativement proches puisqu'en 1732, la mention est indiquée sur le cadastre sarde.

Peu de choses ont été écrites sur ce hameau qui semble dépendre du hameau proche de Vesonne, en référence aux textes anciens qui l'indiquaient également sous la forme « le Villar » ou le « Villars de Vezonne ».

Les toponymes du Villard ou du Villaret sont courants dans la région, et désignent des hameaux, un domaine rural dépendant d'un village ou d'un hameau plus grand. Ainsi, on peut admettre que le Villard ait été un hameau de Vesonne car il comprenait un domaine rural.

L'origine du mot est sans doute (aucune certitude !) le nom village, ou le nom villarium (en bas-latin) signifiant ''hameau'', souvent accompagné d'adjonctions, se référant à une particularité du lieu, Villaret (petit hameau) ou Villard de Beaufort qui deviendra Villard-sur-Doron...

...//...(lire dans la brochure du Villard)

 

Le Hameau de Vesonne, à proximité

Le village de Vesonne (au nord de la commune de Faverges), sur le contrefort du mont Bogon, est cité dans un document de 1016, indiquant que Rodolphe III de Bourgogne fait don à sa femme, Hermengarde, des droits sur « Dulsatis (Doussard), Vesonam (Vesonne), Merlendis (Marlens) ». Il désigne quant à lui le « lieu voisin (du village) », dérivant du mot latin vulgaire vecinus (latin vicinus). Le toponyme possède cependant une similitude avec le nom de la déesse de l'eau Vesunna. Cette dernière hypothèse est la plus communément admise localement.

Le cartulaire de l'abbaye de Talloires de la fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle cite ces noms de lieux : Faverges ; Vesona (Vesonne) ainsi que celui de Fulcimania (Faucemagne)

Si l'on prend la route de Vesonne vers l'est, au départ de Viuz, sur la rive droite de l'Eau morte, on trouve successivement les hameaux de La Balmette, puis de Mercier, Vesonne, posés sur les contreforts de la montagne. En montant par la route menant à Montmin, on arrive au hameau du Mont-Bogon qui domine la vallée de Faverges, avec notamment en face le village de Giez.

...//... (la suite dans la brochure)

 

La population du hameau du Villard en 1561

Exemple de la famille de Anthoine feu Philibert BALLY, la plus riche du hameau en bétail :

La liste complète des habitants peut être consultée dans la brochure.

...//...(la suite dans la brochure)

La population du hameau du Villard en 1561

Exemple de la famille de Anthoine feu Philibert BALLY, la plus riche du hameau en bétail :

- le village comprend 20 familles composées de 97 personnes ainsi que 37 pauvres et enfants de moins de 5 ans, soit 134 personnes au total.

L'ensemble des familles est concentré autour du noyau central ressemblant à un bateau d'où partent les trois routes. La route A se dirige à travers les vignes en direction du Mont Bogon, la route C part au-dessous des vignes auxquelles elle permet d'accéder, c'est la route qui provient ou mène à Vesonne, la route B est en prolongement de la première et permet de se diriger vers Verthier puis Annecy.

(On remarquera l'emplacement du four actuel tracé en sur-impression dans la partie centrale en bordure de chemin, dans la partie en marron pâle)

...//...(la suite dans la brochure)

Coupe de bois pour la construction du four

En mars 1860, Jean OTTOZ, cultivateur, né et domicilié de la prédite commune de Faverges en qualité de mandataire des chefs de famille du hameau du Villard, expose à Messieurs les membres de la junte municipale de Faverges la requête suivante.

« Le four de ce hameau est actuellement hors de service pour cause de vétusté, il est de toute urgence qu'il soit reconstruit au plus tôt.

« La partie de ce hameau, part de Vesonne, au nombre de huit familles, possède une fontaine qui se trouve privée d'un bassin et, par défaut de ce bassin, ils sont obligés de faire abreuver leur bétail à celui qui existe près la maison des frères Suscillon, ce qui leur est trop désavantageux, surtout en hiver, vu que le bétail risque de tomber sur la glace.

« C'est pourquoi il recourt en sa qualité à ce qu'il vous plaise, Messieurs, donner avis favorable aux fins que les habitants du hameau du Villard soient autorisés à couper dans les forêts communales, au-dessus d'Englannaz, une plante bois sapin de première catégorie, plus quatre plantes de la seconde catégorie, et 12 plantes de la troisième pour chevrons et ce eu égard que les habitants dudit hameau n'ont point de forêts propices, soit qui leur appartiennent, où ils puissent se procurer les bois dont ils ont besoin.

« Cette demande est faite sans offre d'indemnité envers la commune attendu qu'il s'agit d'utilité et service public. »

 

Affaire de la montagne du Planay

Procès du 2 avril 1920

Le procès a pour objet la propriété et la jouissance d'une montagne pastorale connue sous le nom de Montagne du Planay, située sur le territoire de la commune de Chevaline.

Cette montagne comprend des forêts et des pâturages, et elle est figurée sous les numéros 523, 524, 525, 526, 527, 528, 529, 534, 557, 558 de la mappe, soit ancien plan cadastral de Chevaline (arrêt du Sénat du 14 mars 1837).

Les nombreux procès suivis au sujet de cette montagne n'ont jamais pu remonter jusqu'aux titres originaires de propriété. Et jamais on ne trouve comme propriétaire une indivision établie entre particuliers, agissant uli singuli. Les propriétaires sont toujours des corps moraux, communes déjà constituées ou sections de communes dépendant parfois de communes différentes, et jouissant de la montagne uli universi.

La montagne du Planay est administrée aujourd'hui par un Syndicat intercommunal créé le 2 juin 1880, en exécution des articles 70 et 71 de la loi municipale des 18 22 juillet 1837, alors veillante.

Il s'agit de savoir si le syndicat administrateur peut interdire aux appelants, tous habitants des sections de communes que le syndicat représente, l'usage de quelques-uns des droits qui appartiennent en principe à tous les habitants des sections propriétaires, par leur qualité d'habitants. Peut-il, tout spécialement, leur défendre d'inalper leur bétail dans les pâturages de la montagne ?

...//...(la suite dans la brochure)

L'intégralité du procès est retranscrite dans la brochure disponible qui comprend également un développement sur la glière du Torrent de Saint-Ruph de Faverges.

Disponible au local de la Maison des Associations, salle 101, de la Place des Combattants

(Les mercredis et samedis après-midi)

(livraison gratuite sur le canton de Faverges)

(sinon ajouter 5€ de port et emballage)

15,00 €

ou à l'Office du Tourisme des Sources du Lac d'Annecy

Place Marcel-Piquand

(sur place ou sur commande)

chèque au nom de CPCGF - Trésorerie

Le Bon de commande à remplir et envoyer est ici (cliquez !)

Un Puzzle de 24 pièces a également été édité pour servir d'activité ludique pour les enfants. (Prix : 15,00€)

© Copyright déposé - Reproduction interdite par tout moyen.

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 17:00

En 1732, la place du marquis de Faverges (Duché de Savoie – Royaume de Sardaigne) soit Place Carnot de Faverges d'aujourd'hui (Département de la Haute-Savoie - République Française), appartenait au Seigneur qui y exerçait son droit de justice, et y avait auparavant placé un pilori. Par succession, elle devint propriété de Messire Charles Joseph Joachim MILLIET (1726-1787), marquis de Faverges, ( également comte de Montebello, seigneur de Marlens, co-seigneur de Saint Ferréol et de Seythenay, seigneur de la maison forte de Caton et de la maison forte de la Balme ).

La maison isolée en n°1055 ( colorée ci-contre ) dite "des Pères Capucins" – car ils y venaient tous les ans durant le temps de carême s'y faire héberger dans quatre chambres et une cave - était la propriété de Balthazard DIDELLE, puis de la confrérie du St Sacrement en 1786 par adjudication. Réquisitionnée comme bien national en 1793, elle devint la propriété de la Communauté de Faverges, et a été achetée par Jean Pierre DUPORT en 1800, puis enfin des sieurs Antoine CHAPELLE et THORENS en 1818. Contiguë à cette maison, il n'existait aucun membre de maison qui pouvait permettre d'engendrer une enceinte du bourg de Faverges. Cette dernière était formée par l'alignement des granges et maisons de la rue Victor-Hugo qui portait alors le nom de ''Rue tendante du Couchant''.

Cette maison n°1055 ne présentait donc aucune tour permettant le guet dans l'enceinte puisqu'elle n'en faisait pas partie ; elle a été détruite lors de la construction de la route de Grande Communication de Faverges à Annecy, de 1818 à 1824 ( dite route Victor-Emmanuel ), la place ayant été ouverte vers le nord-ouest. La placette en n°1144, et la démolition des maisons en n°1143 et 1145 et de la grange en n°1146 ont permis cette ouverture.

De plus, comment imaginer que des Pères Capucins aient été chargés à une quelconque époque de protéger les habitants d'un bourg des attaques ennemies, alors que leur principale préoccupation était l'enseignement ou la pratique religieuse ? D'autant plus que le 2e étage de la maison ne pouvait pas être loué en raison de la venue des Frères Capucins pour leur retraite annuelle ? Comment imaginer qu'une tour de défense puisse exister au-delà des murs de la ville, sur des prés que l'on appelait Les Prés marchands, sans route d'accès pour pénétrer dans celle-ci ?

Quant à y reconnaître une origine plus ancienne, cela fait partie d'un imaginaire de contes pour amuser les jeunes enfants !

Voici la véritable utilité de cette tour d'angle :

 

L'angle arrondi de la maison « La Belle Jardinière » (maison du 1er plan) située à l'angle ouest de la parcelle 2312 (cadastre actuel), ne comporte pas de tour de défense moyenâgeuse : on doit y reconnaître précisément la façade extérieure (d'un escalier intérieur qui a été abandonné au profit d'un agrandissement des pièces, mais anciennement ) de latrines sur deux étages construites en addition au-devant de la maison, comme cela est décrit dans un acte d'état du 20 octobre 1786, par le notaire royal Pierre Prévost, dont voici des extraits.

« Je Claude fils de feu Claude DUNAND [ je suis âgé d'environ 53 ans, laboureur et charpentier de profession, mes biens valent environ 12 000 livres, et au surplus je ne suis point parent, allié, créancier, débiteur, ni domestique des parties. ] natif et habitant de la parroisse de Seytenex ensuite du serment que je viens de prêter entre vos mains, vous dis et rapporte que je suis très instruit de la situation, dénomination, contenance, confins, bonté, valleur, et produit des pièces dont vous venez de me faire lecture des confins, lesquels j'estime, savoir la maison posséddée par le dit sieur DIDELLE située rière Faverges appellée la maison des Capucins consistante en deux appartements, savoir au Rey-terre d'une boutique, une cuisine, une chambre et un cabinet, et au second en une cuisine, une chambre, un cabinet, et une autre chambre part du Nord de la première sous laquelle est une espèce d'écurie, à 300 livres seulement, vu que cette dite maison est affectée d'une servitude qui en déprécie la valeur, le propriétaire étant obligé de fournir aux Capucins qui viennent tous les ans, en station pendant le carême quatre chambres et une cave, lequel occupe tout l'appartement du second, et par cette raison il devient sans produit dèz qu'on ne peut le louer ... »

« Je Claude fils de feu François FILIARD [ je suis âgé d'environ 33 ans, charpentier de profession, mes biens vallent 500 livres ] maître charpentier natif de la parroisse de Grésy en Genevois, habitant audit Faverges, ensuite du serment que je viens de prêter entre vos mains, et la visitte que je viens de faire des bâtiments dont s'agit, vous dis et rapporte qu'ils consistent en deux appartements l'un au premier qui est un Rez-terre, où ils s'y trouvent une boutique au levant, une cuisine, un cabinet voûté, et une autre chambre au couchant de ladite boutique, et au second il y a une cuisine, une chambre soit poële, et un cabinet voûté, et des latrines qui sont construites en addition au devant de ladite maison, et sur l'aile de ladite maison part de bise, il y a une autre chambre à laquelle on parvient par une mauvaise galerie, et au-dessous de cette chambre qui est petite, il y a une espèce d'écuirie au-dessous ... ; il se trouve un couvert au-dessus de la tour, soit les deux cabinets dont j'ai parlé cy-devant, lequel couvert se trouve pourri par défaut de manutention, il faut y replacer deux chevrons de 10 pieds de long et deux autres de huit pieds de long, sur quatre poulces à la queüe, lesquels chevrons j'estime approvisionné à trois livres... »

 

Amis visiteurs ! Lorsque vous parcourrez Faverges, en contournant le mas de la Belle Jardinière, vous ne manquerez pas de guider vos yeux vers cette particularité locale :

les latrines de la tour des Capucins

 

Signification :

Deux étymologies sont proposées :

  • Avant le Moyen Âge, on utilisait des vessies de porcs mâles (car les vessies des femelles étaient bien trop fines et donc cassantes) comme contenants (outres…) pour leurs qualités d’étanchéité et de praticité. Dans l’ancienne langue française, la lanterne était une histoire inventée, creuse et vide comme la vessie. La comparaison entre ces deux mots a donné cette expression.

  • La seconde se réfère au sens « baliverne » du mot « lanterne », et au fait qu’une vessie ne contient que de l’air, c’est-à-dire rien du tout. [Wikipédia]

  • Pour ma part, je penche pour la 1ère signification étymologique : Se tromper lourdement dans ses explications. Ne nous laissons donc pas berner par quelque cicérone mal informé !

© Bernard Pajani - Historien savoyard

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 07:25

 A lire sur le Dauphiné libéré [ http://www.ledauphine.com/haute-savoie ] de ce jour 10 février 2017, l'hommage que Georges BISE me consacre sur mes activités d'historien.

Le hasard de la vie - maladie invalidante et mise en retraite anticipée - m'a poussé à développer les recherches que j'avais à peine abordées à l'école normale d'Albertville, sur l'histoire de Faverges.

Cartophilie et Histoire

J'éditais mon premier livre en 1982, "Faverges et son histoire en 1906" - illustré par les cartes postales anciennes - livre de 166 pages.

Philatélie et Histoire

Comme président de Club, j'ai réalisé cinq éditions des "Empreintes et Oblitérations mécaniques de Savoie et Haute-Savoie", de 1988 à 2002.

Généalogie et Histoire

Il fallut attendre un autre hasard de vie pour que je me consacre à un second livre, mes ancêtres "Les CHARLET de Notre-Dame-du-Pré et de Villard-sur-Doron", en 2008 - livre de 336 pages.

Histoire locale

Les années suivantes, d'année en année, d'autres sujets furent développés, à raison d'un ou deux par an :

L'Astrolabe - 2010 - livre - 320 pages

Le jour où Faverges brûla, le 19e avril 1783 - 2011 - livre - 200 pages

La première compagnie des pompiers - 2011 - livre - 100 pages

La famille du baron Blanc - 2012 - brochure

Les fours à pain - 2013 - brochure

Chronique favergienne de l'année 1914 - 2014 - brochure

La Gabelle du sel de 1561, Faverges et son canton - 2014 - brochure

Le hameau du Villard - 2015 - brochure

Le boulodrome de la Glière, 1921-2015 - 2015 - brochure

L'histoire de la musique de Faverges, 1845-2016 - 2016 - brochure

 

"Il n’y a pas de fumée sans feu, il n’y a pas de présent sans passé". Tel est l’engagement de la seconde vie de Bernard-Marie Pajani, entamée voici 40 ans lorsqu’il fonda le cercle de philatélie, cartophilie et généalogie de Faverges (CPCFG), cette académie favergienne qu’il préside...

(pour lire la suite sur Internet : cliquer sur  http://www.ledauphine.com/haute-savoie  )

 

Tous les ouvrages sont disponibles

au local de la Maison des Associations, salle 101, de la Place des Combattants

(Les mardis et jeudis matin - mercredis et samedi après-midi)

(livraison gratuite sur le canton de Faverges)

(sinon ajouter 5€ de port et emballage)

Pour l'achat d'une brochure, une brochure gratuite (15€).

chèque au nom de CPCGF - Trésorerie

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 08:00

La Glière (2)

Lieu de dépôt des galets, graviers et sables

"La France ne possède qu'une langue officielle, le français, parlé et enseigné sur tout le territoire. Sa toponymie est le reflet d'une histoire riche en apports successifs qui ont chacun contribué à lui donner un aspect très varié suivant la région considérée."

"Si un toponyme doit permettre d'identifier très précisément un détail géographique localisé, il n'a pas été attribué par l'homme de façon arbitraire, mais dans un souci de description du paysage."

Mais, en aucun cas, un toponyme n'est lié à un abus de langage ! De plus, sur aucun document, il n'a été mentionné par les spécialistes, topographes, géographes ou autres, sur les plans et cartes locales, ce qui aurait ainsi pu conférer un droit d'existence à une erreur d'interprétation.

Or, un document, finalisé en juillet 2013 de la Communauté de Communes du Pays de Faverges "Dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique", déclare que le ruisseau qui descend du vallon de Saint-Ruph et qui porte le même nom ''Le Saint-Ruph'' s'appellerait en traversant Faverges ''la Glière'' puis, au-delà ''l'Eau morte'', lui conférant ainsi trois noms différents, tel qu'il est prétendu sur le plan ci-dessous extrait de l'étude.

(téléchargeable sur Internet : Saint-Ruph_0-2.pdf)

Mention erronée du St Ruph-Glière-Eau Morte

Mention erronée du St Ruph-Glière-Eau Morte

Cette dénomination nouvelle du torrent du Saint-Ruph a-t-elle un fondement réel ?

Sur quels éléments est-elle fondée ?

La Glière est-elle le lieu sur lequel se sont déversés les cailloux et rocailles charriés par le torrent lui-même ?

Ou bien est-ce le nom du torrent lui-même ?

Que disent nos anciens, nos géographes, nos auteurs savoyards ?

La Glière est une terre sablonneuse et rocailleuse

Le mot ''Glière'' appartient au français local et obéit aux règles de l'orthographe française. Une ''glière'' (au singulier) est un terrain rocailleux et sablonneux. 1

En patois, il se dit ''glire'', auquel correspond le vieux français ''glaire'', au sens de terre graveleuse, c'est une dénomination rurale, qui s'applique toujours à des terrains rocailleux et sablonneux, avoisinant le plus souvent, mais non nécessairement, un cours d'eau... L'étymologie latine ''glarea, glaria'' (gros sable, gravier) est donc bien confirmée.

''Glières'' ou ''glaires'' (au pluriel) désignent une étendue de cailloux ou de graviers. Le pluriel ne s'impose pas 2. D'autres auteurs l'écrivent encore dans un ouvrage récent, ils sont également du même avis 3, et confirment cette signification, en parlant de "terres à graviers".

Selon le dictionnaire des noms de lieux en France de l'IGN 4, on trouve les significations suivantes, se rapportant à un terrain sablonneux et rocailleux :

Giaira, terrain couvert de cailloux roulés, de gravier - Briançonnais.

Glaire, nf : gravier - ancien français.

Glère, nf : gravier – Béarn ; gléralh - ancien béarnais. Var. : glarè.

Glière, terrain graveleux - Thônes. Variations dialectales : dyeri, dyero- Jura, ghieron, glairo - Provence, glare, glarier, glère - Béarn, glero, gloies - Savoie, glire, léra - Suisse, liro - Savoie.

Gliré, liré, terrain recouvert de pierres et de gravier à la suite des crues - Savoie.

La ''Glière'' de Faverges (que l'on prononce localement ''glaire'') est donc bien un lieu très caractéristique : le lieu sur lequel s'étale le torrent de Saint-Ruph, situé entre le sommet de la source du Biel, sous la Curiale et le hameau de Favergettes où le lit se rétrécit à nouveau.

Pour autant, ce n'est nullement le nom de la rivière elle-même.

Ceci est encore confirmé par l'historien et professeur émérite de l'Université à Genève, Paul Guichonnet, qui écrit "La glière désigne le banc de graviers sur la rive d'un torrent", dans l'un de ses articles sur "L'histoire savoyarde" de l'hebdomadaire l'Essor Savoyard du 4 septembre 1997.

En dernier lieu, on se réfèrera avantageusement à l'institut de Géographie alpine dont fait partie Mlle Crouzet du Centre géodynamique de Thonon qui a classé tous les affluents du lac d'Annecy en 1966-1967 :"L'eau-Morte gagne Faverges à 551m d'altitude" (Ed. Le Cristal Albigny, Annecy - 1987)

En réalité, cette dénomination erronée n'est due qu'à une mauvaise analyse du patois savoyard (par Constantin-Désormaux qui s'en sont tenus au parler local, sans penser à un abus de langage).

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1 Le Dictionnaire savoyard, de A. Constantin et J. Désormaux, publié en 1902

2 Jean-Yves Mariotte, dans l'Histoire des communes savoyardes, tome III

3 Hubert Besset et Claudette Germi, in ''Les Mots de la montagne autour du Mont-Blanc - 1991 - confirment cette signification en parlant de "terres à graviers'', citant en outre A.Constantin et J.Desormaux en ne retenant pas "l'abus de langage" du parler local de Faverges.

4 André Pégorier, ingénieur en chef Géographe, spécialiste de la toponymie, in "Glossaire des termes dialectaux - 2006"

Six historiens - il serait très facile d'en trouver une dizaine d'autres - dont un professeur émérite, un archiviste et deux géographes haut-savoyards auraient-ils tort devant une paire de patoisants ? Seuls les spécialistes permettent d'éviter les erreurs d'interprétation, à condition de s'y référer, de connaître le français, le lire et le comprendre !

En voici encore des preuves manifestement proches géographiquement.

Sur le canton de Faverges

Sur notre canton de Faverges, d'autres lieux sont également dénommés ''Glière'', au singulier.

À Saint-Ferréol

Clos de la Glière à Saint-Ferréol

Clos de la Glière à Saint-Ferréol

Bois de la Glière à Saint-Ferréol

Bois de la Glière à Saint-Ferréol

au bout de Champ Canon, se situe le ''Bois de la Glière'', et "Le Clos de la Glière", le long du torrent de la Chaise ; la rue qui mène au chemin du Rosay, au-delà du torrent se dénomme ''la rue de la Glière''. Dans cette commune, le mot se prononce tel qu'il s'écrit.

À Doussard

À droite de l'embouchure de l'Eau morte, là où le ruisseau a déversé ses derniers sables avant de plonger dans le Lac, se situent des lieux qui portent le terme, soit "Glière", "Glière dessus" et "Glière dessous", ainsi que les "Marais de Glière", et le hameau de Glière, au bord du lac d'Annecy.

Hameau de Glière-fin_Doussard

Hameau de Glière-fin_Doussard

Le hameau de Glière à Doussard

Le hameau de Glière à Doussard

À Marlens

Il existe un secteur appelé la Glière de Thermesay qui entoure la rue de la Glière, indiquant jusqu'où s'étendait le torrent de la Chaise avant sa canalisation, soit le long de la route nationale N508 devenue la RD1508.

La Glière du Thermesay de Marlens

La Glière du Thermesay de Marlens

À Faverges

Une carte postale du début du XXe siècle montre le lieu de la Glière, constitué de graviers apportés par le torrent au-dessus duquel a été construite une passerelle en bois pour rejoindre le hameau du Lachat.

La plage de galets appelée la Glière

La plage de galets appelée la Glière

Sur le plan cadastral, on peut déterminer que la largeur du lit du torrent dépasse la dizaine de mètres, dénotant d'un lenteur importante du torrent à cet endroit due à un dénivelé faible, rendant celui-ci incapable d'emporter plus loin les cailloux et graviers qu'il charriait plus en amont.

Lieu-dit composé de galets appelée la Glière à Faverges

Lieu-dit composé de galets appelée la Glière à Faverges

Quelques anciens Favergiens prétendent qu'ils sont nés, ou que leurs parents sont nés, ''à la Glière'', ce qui signifie bien qu'ils assimilent le mot à un lieu et non pas au torrent lui-même. Or, ce lieu ne comportait qu'une bâtisse, l'usine électrique Cartier, mais aucune maison d'habitation, rendant ainsi leurs dires incorrects. L'explication est donnée par les registres d'état civil qui mentionnent qu'ils sont nés ''Avenue de la Fontaine'' 1, soit dans la rue qui mène à la Glière précisément, la Fontaine étant l'un des noms anciens du Biel qui traverse Faverges, et qui a donné son nom au Lycée à la suite de l'École ménagère, située dans la même rue.

Prétendre que notre commune de Faverges aurait une particularité d'être la seule commune en France qui aurait un torrent ou ruisseau portant trois noms différents, relève d'une particularité caractéristique non fondée sur la réalité.

Il s'agit d'une erreur d'étymologie provenant d'une méconnaissance de la langue française et du patois savoyard, d'une erreur d'analyse due à une méconnaissance de la géographie locale.

Cette prétention n'a donc aucun fondement. Le torrent de Saint-Ruph ne s'appelle pas ''la Glière'', ne s'est jamais appelé ''la Glière'', en aucun lieu de son cours.

Le torrent de Saint-Ruph porte ce nom depuis sa source dans le vallon de Saint-Ruph jusqu'à la sortie de Faverges. Au-delà de la ville, lorsqu'il devient plus calme et qu'il divague dans la plaine, soit après le hameau de la Balmette, à partir de la plaine de Mercier, il prend le nom de ''L'eau Morte'' jusqu'au lac d'Annecy.

Un document officiel de la délibération du 29 août 1833, du Conseil municipal de Faverges concernant les problèmes d'inondations dues au torrent et qui démontre d'une façon irréfutable la qualité de cette glière, dans l'expression citée :

"le lit de la glière du torrent de Saint-Ruf"

1 Roland Tranchant est né le 3 décembre 1940, à 16 heures, avenue de la Fontaine - dans la maison qui a brûlé quelques années plus tard (il s'agit de la 1ère maison visible sur cette carte) - et non ''à la Glaire'' selon les affirmations familiales.

Derrière la digue, à gauche le long de l'avenue de la Fontaine, se situe la maison Tranchant où est né Roland en 1940. Sa soeur Madeleine confirme l'expression locale "la Glaire", lieu-dit allant du Boulodrome à la plaine de Mercier.

Derrière la digue protégeant la ville du Torrent se situe la maison Tranchant

Le lit de la Glière du torrent de Saint-Ruph à Faverges

Le lit de la Glière du torrent de Saint-Ruph à Faverges

En effet, la commune doit résoudre le problème d'élévation de cette glière qui a atteint le niveau du sommet de la digue de protection de la ville, risquant d'entraîner l'inondation des rues du bourg.

Nos anciens ne se trompaient pas en considérant la "glière" comme "la partie du torrent qui s'élève en fonction des dépôts successifs des matériaux charriés par l'eau du Saint-Ruph." En aucun cas, ils n'utilisaient ce mot de "glière" comme le nom de la rivière, mais bien comme le lieu des dépôts de sables, graviers et galets dont l'élévation risquait d'entraîner l'inondation de la ville, et qu'ils surveillaient donc particulièrement.

Un exemple a été découvert récemment dans "l'Industriel Savoisien" du 14 mars 1914 où nos anciens décrivent les dégâts occasionnés par le mauvais temps qui a sévi pendant quelques jours dans la région, avec une violence rare : ''Une pluie diluvienne qu'accompagnait un vent très fort, soufflant en tempête, est venue enfler nos cours d'eau, qui sont sortis de leur lit."

Le torrent de Saint-Ruph devenu l'Eau morte

Le torrent de Saint-Ruph devenu l'Eau morte

L'auteur de l'article donne le nom de ''torrent de Saint-Ruph'' à la rivière qui descend de Tamié et de Saint-Ruph et qui, "grossi sous le village de Mercier des sources des marais, a couvert, au pont Carrier, la route départementale sur une longueur de 300 mètres et une hauteur de 1 mètre d'eau."

Il ajoute une précision qui différencie bien les deux lieux du torrent, celui où il est impétueux de celui où il est plus calme : "Plus loin, le même torrent, devenu l'Eau Morte, grossi encore, et de nouveau des sources des marais et des torrents de Giez, a couvert encore une fois la même route, au Pont Rouge, sur une longueur de 400 mètres et une hauteur de 0,60 m d'eau. Tous les terrains en amont forment un lac."

Il ne faisait donc aucun doute pour nos anciens : le torrent qui dévale le val de Tamié et le vallon de Saint-Ruph s'appelle bien "Torrent de Saint-Ruph" jusqu'à ce qu'il devienne plus calme et prenne le nom de "l'Eau-Morte", en amont de Faverges à une altitude de 551 m selon les services de géographie alpine de Thonon-les-Bains, sans jamais prendre le nom des gravières qui le bordent.

Un esprit curieux recherchant en d'autres lieux l'utilisation de ce terme de "glière", a permis de trouver le magnifique lac asséché du massif de la Vanoise qui porte le nom de "Lac de la Glière". Après avoir été comblé par les nombreux alluvions de graviers charriés par le torrent qui dévale du glacier de l'Epena, il n'est plus qu'une vaste étendue de ces galets, graviers et sables. [http://www.eskapad.info/pdf/Ran73_017.pdf ]

Lac de la Glière dans le Massif de la Vanoise

Lac de la Glière dans le Massif de la Vanoise

Nous voilà en présence d'une évolution typique d'une erreur de dénomination qui s'est pérennisée par une pratique coutumière mais, reprise dans un document officiel, elle aurait pu être évitée avec un minimum de recherche et de réflexion.

Un dernier exemple : la liste des lieux où se trouvent des glières sur la mappe de Faverges

Les lieux où se trouvent des glières sur la mappe de Faverges

Les lieux où se trouvent des glières sur la mappe de Faverges

Le relevé des parcelles contenant une ''glière'', ou bien recouvertes de ''graviers'', ou encore dénommées ''murgier'' fait apparaître que les galets se sont groupés le long du torrent Saint-Ruph, dès la Curiale, à partir de la rupture importante de la pente du ruisseau que la géographe Mlle Crouzet situe à 551 m d'altitude, en amont de la ville de Faverges.

De nombreux lieux et leurs parcelles au Villard et au Collombet sont qualifiés de ''glière'', d'autres de graviers. Ce qui ne laisse subsister aucun doute sur la signification des termes employés :

  • la ''glière'' est la zone sur laquelle le torrent a déposé des galets, cailloux et sables et qu'il continue à inonder de temps à autre, elle fait encore partie du lit majeur,

  • la dénomination de ''graviers'' concerne une zone que l'Eau morte n'atteint plus lors de ses débordements, les lieux font partie du lit mineur,

  • Le ''murgier'' est un tas de pierres établi par les habitants qui y ont rassemblé les matériaux que l'Eau morte charriait, afin de pouvoir travailler la terre contiguë.

Vingt-et-une parcelles sont recouvertes de graviers, galets et sables s'étendant sur une superficie de près de 15 journaux soit 5 hectares environ.

Les parcelles contenant de la glière au hameau du Villard de Faverges

Les parcelles contenant de la glière au hameau du Villard de Faverges

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:47
Les Historiens reçoivent le président
Les Historiens reçoivent le président

Un procès a opposé Marlens à Marthod pendant 5 siècles

Les archives départementales ont réalisé une exposition historique sur la vie au moyen-âge : "Hommes et femmes du Moyen-âge en Chablais, Faucigny et Genevois". L'inauguration s'est tenue lundi en présence du président Christian Monteil, la directrice des archives Hélène Maurin et son adjoint Julien Coppier et des historiens de l'université de Savoie associés à la magistrale réalisation.

À la découverte de l'exposition
À la découverte de l'exposition

Le public est invité à découvrir la magnifique « leçon d'histoire » et l'ouvrage d'accompagnement qui est en visite libre jusqu'au 31 décembre. Les thèmes développés sont les comptes de châtellenie et de subside (origine du Trésor public), le cadastre (des seigneurs et des terres), les chartes de franchises (vivre libre), les actes notariés qui témoignent de la vie des hommes, les procès pour résoudre les conflits ainsi que l'encadrement des croyants par les visites pastorales.

Le précieux rouleau relate le procès qui a opposé deux communes voisines
Le précieux rouleau relate le procès qui a opposé deux communes voisines

Un parchemin de 19 mètres consacré à Marlens sur un procès fleuve

Un manuscrit concerne une longue querelle entre les habitants de Marlens et Marthod en Savoie qui se contestaient l'usage des bois et des pâturages de la montagne de l'Alpettaz. Le conflit a débuté par une escarmouche en 1301 "quand trois hommes de Marlens, accompagnés d'une bande d'hommes armés, se rendent sur l'Alpettaz et s'emparent des bestiaux et des outils des gens de Marthod", et qui se sont ensuite multipliées. En 1339, les seigneurs de Marthod et de Cornillon ont diligenté une enquête contre les habitants de Marlens. En 1358, le comte Amédée de Savoie a rendu une sentence qui rappelle que la montagne a été inféodée aux seigneurs de Cornillon. Au XVIIIe siècle, l'affaire est relancée par la réfection du cadastre. La querelle a pris fin en 1827 par une transaction instituant le partage du terrain entre les deux communes.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 05:55
Histoire locale sur le Marché de Faverges
Histoire locale sur le Marché de Faverges

Un stand sur l'histoire locale à découvrir au marché

Les mercredis matin et vendredis en soirée, les marchés apportent une agréable animation au centre-ville. Très fréquentés par les habitants et les touristes, ils sont une intéressante occasion de participer à la vie de la petite mais dynamique cité. Lors d'événements programmés, les associations y vont à la rencontre des chalands pour les informer.

Un stand du cercle de philatélie et cartophilie

L'association qui s'investit aussi en généalogie et en histoire locale publie régulièrement les compilations et recherches issues des archives départementales et communales ainsi que sur des documents prêtées. Pendant l'été, chaque mercredi matin, ces ouvrages sont à découvrir et acquérir au stand « Histoire et patrimoine des Sources du lac d'Annecy », devant l'Office de tourisme. Le fonds disponible est composé de trois livres sur la vie au siècle passé à partir de cartes postales documentées et commentées, à l'incendie qui a décimé une partie de Faverges en 1783 et une famille de Tarentaise « Les Charlet ». Cinq brochures, en couleurs sont consacrées à divers centres d'intérêt : un homme, le Baron Blanc ; un village, le Villard de Faverges ; un canal, le Biel ; une année, la chronique de 1914 ; une association, l'Amicale boules.

29e Salon des Collectionneurs du 13 novembre 2016
29e Salon des Collectionneurs du 13 novembre 2016

En cours d'édition, la prochaine publication concernera l'histoire de la musique à Faverges.

Infos sur : phila.faverges74@wanadoo.fr et http://phila.faverges74.over-blog.com

Les travaux de l'association révèlent des personnes et des événements qui ont marqué la vie au pays de Faverges.

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 05:02

La « machine à vapeur » est le dernier avatar du roi des enfers parcourant le monde pour rassembler tous les mauvais sujets destinés à la fournaise. Jusqu'à une période récente, il se contentait de leur faire piquer une tête au fond de sa brouette. Les progrès de la technique lui ont permis d'investir dans le chemin de fer et de rentabiliser ses tournées.

Dans les chansons, certaines professions ont du mal a entrer au paradis, tels les fameux « cercliers de barrique ». En revanche, le billet pour l'enfer s'obtient sans difficultés. Chacun en prend pour son grade et ses défauts. Métiers de bouche et artisans ruraux sont les premiers cités. Le meunier vient en tête ; normal dans une société où le pain est encore l'aliment essentiel.

C'est bien une société rurale que nous décrit cette chanson. Pour autant, elle ne semble pas faire partie des textes dus à la tradition orale. La longueur et l'organisation des couplets, le vocabulaire employé nous font penser à une composition d'un chansonnier, qui a pu être diffusée sur une feuille volante. L'argument qui plaide en faveur de ce mode de diffusion c'est que partout où on la retrouve, la même base et les mêmes paroles sont utilisées. C'est le cas pour les deux versions collectées en Loire-Atlantique, mais aussi pour d'autres trouvées dans l'est, en Auvergne, en Vendée et jusqu'au pied du Mont Blanc, versant italien, en vallée d'Aoste (1). Les variantes rencontrées sont plus le fait d'ajouts de couplets, chacun y allant de son inspiration pour brocarder les professions qui le méritent : vignerons, bijoutiers, chaudronniers, meuniers, boulangers, charcutiers, financiers et banquiers, etc.

Marius Barbeau, le fameux folkloriste québécois, nous donne son opinion (2) :« Elle fut sans doute diffusée en France et au Canada par l'imagerie, comme elle se rattache aux métiers que les faiseurs d'images en papiers se plaisaient à graver sur des feuilles volantes. Plus précisément elle semble appartenir à l'imagerie d'Orléans, dont Louis Duchartre et René Saulnier ( 3 ) parlent en ces termes : un placard...intitulé L'ordre que les criminels doivent tenir à la Procession générale ». Barbeau en reproduit une version à 22 couplets, composée par un certain Adélard Lambert et annotée : paroles de sir Constance et musique de Jean Frémis. Elle va bien au delà des métiers et promet l'enfer aux électeurs, aux commères, aux vieilles filles...Mais le voyage s'y fait « en voiture », à cheval ou à moteur, on ne le sait pas.

Dater précisément le texte original est aléatoire. Bien sûr, il est postérieur au premier tiers du 19ème siècle et à l'apparition du chemin de fer. C'est le mot wagon qui nous renseigne. Car la machine à vapeur est arrivée bien avant dans les campagnes. En Loire-Atlantique, la première machine à vapeur pour un usage industriel, est implantée dans les mines de charbon de Montrelais en 1747. L'analogie entre le foyer de la machine à vapeur et les flammes de l'enfer est évidente. Elle donne un coup de jeune à cette chanson type qui finissait jusqu'alors par un voyage dans la brouette à Satan.

Malheureusement, la mauvaise idée d'entasser des humains dans des wagons pour les conduire vers l'enfer a été reprise par d'autres. Comme quoi le cabaretier n'est pas responsable de tous les maux. Si l'eau de Vichy soigne le foie, elle ne fait rien pour les boyaux de la tête.

A ce propos, n'attendez pas que le stock soit épuisé pour commander notre CD « chants des plaisirs de la table ».

Ses 23 chansons... Mieux qu'une cure d''eau minérale

Vous redonneront toutes le moral

Et si vous ne les savez pas par cœur

Montez dans la machine à vapeur !!!

interprète : Jean-Louis Auneau + réponses

sources : 1 - collectage de Patrick Bardoul à Ruffigné en 1981 (chanteur non identifié) – 2 – Mme Marguerite Lemaitre de Saffré en 1984, publié dans le livret du cercle celtique de Nort sur Erdre « chansons du peuple de Haute-Bretagne, région de Nort sur Erdre »

catalogue Coirault : 6416-1 – le diable est sorti de l'enfer

catalogue Laforte : IV, Ha-01 – les corps de métier

Dastum 44 : 148 – La machine à vapeur

Un jour Satan au fond des enfers

Dit : je suis seul et je m'ennuie

Camarades, parcourons l'univers

Pour lui trouver de la compagnie

Il faudra tâcher d'attraper

Tous ceux qui s'appliquent à duper

Et chacun d'eux se fera l'honneur

D'entrer dans la machine à vapeur

Premièrement je vais dire au meunier

Contre toi le peuple murmure

Du bon froment on vient te confier

Et tu lui prends triple mouture

Tu oses encore sans façons

Prendre la farine et rendre le son

Puisque chacun te dit voleur

Monte dans la machine à vapeur

Cabaretier qui met l'eau dans le vin

Examine ta conscience

Combien de gens qui vivaient si bien

Maintenant sont dans l'indigence

Combien d'enfants ont faim et froid

Devant les portes par rapport à toi

De leurs tourments tu es l'auteur

Monte dans la machine à vapeur

Cher tisserand n'allonge plus le bras

pour y faire rouler ta navette

Car avec nous il faut marcher au pas

Dans le wagon ta place est prête

On sait bien que tu as le défaut

De garder pour toi le fil le plus beau

Mais je te le promets de bon cœur

Monte dans la machine à vapeur

Cordonnier pour gagner des écus

Tu sais te servir de mensonges

Tu dis que tu fais des souliers bien cousus

Ils tirent l'eau comme une éponge

Tu dis : longtemps ils dureront

Et en huit jours les coutures s'en vont

Voilà les traits d'un escroqueur

Monte dans la machine à vapeur

Cher maréchal, ta forge il faut quitter

Car avec nous il faut que tu montes

On te confie de beaux aciers

Tu les gardes tout pour ton compte

Et dans les champs, l'on crie souvent

Le maréchal a volé mon argent

Tu as fraudé le laboureur

Monte dans la machine à vapeur

Et toi, mon ami le tanneur

A quoi te sert de nous faire attendre

A nos yeux tu ne pourras te cacher

A deux heures il faudra te rendre

De peser le cuir avec l'eau

On sait bien que c'est pas du nouveau

Mais l'eau sera plus rare ailleurs

Monte dans la machine à vapeur

Toi le boucher, tu es rempli de défauts

Il faut que je te les déclare

Sans pitié tu tues les animaux

Oh, que tu as le cœur barbare

Et tous tes clients, sans façon

Tu les arranges avec raison

Tu pèses sans scrupules et sans peur

Monte dans la machine à vapeur

-----------------------------------------

1 chanté par la famille Bibois, à Cogne (Val d'Aoste) – enregistrée en 1956 par Sergio Liberovici,

2 Marius Barbeau – Le roi boit, page 563 – musées nationaux du Canada 1987

3 référence à : Pierre-Louis Duchartre et René Saulnier, l'imagerie populaire, Paris, librairie de France, 1925

De nos jours, en 2016, un chansonnier ferait sa gloire en dénonçant les excès de personnages comme

- les politiques qui trempent leurs mains dans le bol de confiture,

- les patrons d'entreprise aux rémunérations exorbitantes, et qui pourtant ne mangent que trois fois par jour, comme tout citoyen,

- les sportifs aux salaires à sept voire huit chiffres,

et, au bas de l'échelle,

- les m'as-tu vu qui piétinent leurs voisins pour tenter de grimper ...

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 19:31

Le Souvenir Français entretient les tombes des Soldats morts durant les conflits, et n'ayant plus de famille. Mais ce n'est pas pour cela qu'il faut oublier les autres.

Les Soldats morts durant les conflits 1914-1918 et 1939-1945

De nombreux chercheurs ont permis et permettent tous les jours de libérer leurs collègues de recherches fastidieuses en procurant les liens directs pour accéder à leurs recherches.

A titre d'exemple, dans l'article paru le 10 août 2014, intitulé "Vingt Favergiens Morts pour la France en l'année 1914", j'ai mis un lien direct entre les soldats et le Mémorial Genweb http://memorialgenweb.org/

(bien qu'il ait changé d'adresse, il se trouve toujours sur internet).

On a ainsi un accès direct à un grand nombre de données répertoriées par les nombreux chercheurs.

Pour tout le conflit des années 1914-1918, pour le canton de Faverges, vous pouvez suivre les liens pour obtenir les fiches des soldats "Morts pour la France" :

Chevaline : Monument aux Morts [relevé n° 8451 de Marie-Claude Perrin en 2002]

Cons-Sainte-Colombe : Monument aux Morts [relevé n° 34762 de M-C P.]

Doussard : Monument aux Morts [relevé n° 8083 de M-C P]

Faverges : Monument aux Morts [relevé n° 9249 de Serge Pernet-Coudrier en 2002]

Giez : Monument aux Morts [relevé n° 9828 de M-C P]

Lathuile : Monument aux Morts [relevé n° 9467 de M-C P]

Marlens : Monument aux Morts [relevé n° 14925 de S. P-C]

Montmin : Monument aux Morts [relevé n° 9827 de M-C P]

Saint-Ferréol : Monument aux Morts [relevé n° 9250 de S. P-C]

Seythenex : Monument aux Morts [relevé n° 9470 de M-C P]

Les membres du Souvenir français de Faverges
Les membres du Souvenir français de Faverges

De gauche à droite : MM. André Bozon, Gervais Bouclier, Marcel Cattanéo, Emmanuel Bonato, Pierre Losserand, Mme Mary Minjoz et Jean Bibollet

Samedi 19 mars, le rapport du président a relaté la grande implication du Souvenir qui se rapproche souvent des enseignants pour que les jeunes soient associés aux commémorations. La traditionnelle quête aux portes des cimetières le jour de la Toussaint avait permis en 2015 de collecter 1515 euros dont une partie est destinée à l'entretien des tombes des soldats morts au combat qui n'ont plus de famille, ainsi que les stèles érigées en hommage. Un "Mur Glorieux" a été installé l'année passée au cimetière de Faverges pour honorer toutes les victimes des conflits qui y sont répertoriées.

Les membres du Souvenir Français sont sensibles à l'engagement des enseignants qui préparent leurs élèves aux cérémonies des armistices. En remerciement, Emmanuel Bonato propose de réfléchir à une modalité de don aux Sous des écoles impliqués dans cette démarche.

Au souvenir Français, André Bozon et Jean Bibollet sont vice-présidents, Mary Minjoz assure le secrétariat et Pierre Losserand a pris la suite d'André Sonnier au poste de trésorier.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 07:22
conglomérat caractéristique des brèches calcaires
conglomérat caractéristique des brèches calcaires

Une découverte récente permet de concrétiser aujourd'hui que notre histoire ne débute pas il y a 2500 ans mais avec la fin de la dernière glaciation d'il y a plus de 10.000 ans. Cet élément de notre patrimoine, extrait lors de fouilles effectuées durant l'été 2015 à la Balmette de Faverges, est une pierre en conglomérat caractéristique des brèches calcaires, des flichs, transportées par les glaciers, roulées, limées par l'érosion sur les rochers.

Bernard Pajani a captivé la nombreuse assistance
Bernard Pajani a captivé la nombreuse assistance

Elle prouve le passage dans la plaine de Faverges d'un glacier qui descendait du Val d'Arly-Beaufortain et parcourait la plaine dans le sens Ugine à Annecy.

Sur la moraine latérale nord, plus élevée que le seuil de la rivière souterraine, s'est établi un village qui aurait pris -du moins, est-ce prétendu sans preuves par certaines personnes- le nom de Casuaria. Ce nom provient de mots latins, "casua" signifiant "la Chaise" et ''-aria'' suffixe signifiant ''près de''.

La découverte en 1992 et l'étude d'un sanctuaire situé sur cette hauteur attestera de la non-présence d'un village mais d'un lieu de culte entouré de chapelles et de petites échoppes, sur le chemin antique de Genève à Gênes ou Turin.

Il faudra trouver "Casuaria" en un autre lieu, sans nul doute sous le Faverges actuel, ce que nous avons abordé durant cette soirée et sur lequel nous reviendrons plus tard.

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  • Pajani Bernard-Marie
  • J'ai parcouru tout le territoire savoyard, d'Ugine à Thonon, en passant par Faverges, La-Roche-sur-Foron, Bonneville, Albertville, Sevrier, Annecy pour revenir à Faverges.
Je suis aussi à la recherche des camarades des classes fréquentées.
  • J'ai parcouru tout le territoire savoyard, d'Ugine à Thonon, en passant par Faverges, La-Roche-sur-Foron, Bonneville, Albertville, Sevrier, Annecy pour revenir à Faverges. Je suis aussi à la recherche des camarades des classes fréquentées.

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